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jeudi 1 décembre 2016

Soyons responsables, donnons à la réserve marine un avenir...

Une pétition pour donner des moyens au gestionnaire de la réserve marine... 

Vie Océane

dimanche 13 novembre 2016

Frémissement pour la biodiversité, un encouragement

lundi 26 octobre 2015

Importer du granit à La Réunion : pourquoi est-ce une mauvaise idée !

Importer massivement des roches à La Réunion, quelle aberration! 
Comme si l'île, montagne de basalte, souffrait de carence minérale, comme un patient auquel il est bon d'administrer un supplément alimentaire sous risque de voir ses os se briser et sa charpente s'effondrer... Importer à grands frais des blocs de granite à La Réunion, qui plus est pour les jeter à l'eau! Quelle stupidité!
 Bien entendu, ce qui vide les poches des uns remplit celle des autres... Tout cela, pour préserver des travaux entrepris à la hussarde afin de mettre devant le fait accompli les citoyens pour un projet de Nouvelle Route du Littoral totalement irrespectueux de l'identité paysagère de la côte nord de l'île et menaçant d'altérer le milieu littoral et de nuire aux espèces déjà mises en danger par les activités humaines. 
Les 7 kilomètres de digue - sur les 12,5 km de route - éloignée de 100m de la falaise actuelle nécessitent 18 millions de tonnes de matériaux sur les 20 prévus pour ce chantier. Elle demandera (si tout va bien) : 8,55 millions de tonnes de remblais et 7,74 millions de tonnes d'enrochement (http://www.clicanoo.re/?page=archive.consulter&id_article=446428 - 31 Octobre 2014). 
Aujourd’hui nous dit-on, avec la menace la saison et des houles cycloniques, des roches calibrées de 5 T seraient nécessaires pour protéger la digue en construction.
N'y aurait-on pas pensé avant ? Ou bien, devant les difficultés rencontrées récemment à La Réunion quant à l'ouverture de nouvelles carrières, n'ouvre-t-on pas là une nouvelle boîte de Pandore pour des entreprises multinationales établies dans la région, qui via les marchés publics et la manne financière des institutions locales, nationales et européennes, mutilent et bétonnent à tout va les territoires. 
Du granite de Madagascar, pourquoi ?
Impossibilité de s'approvisionner en urgence en blocs de basalte de 5 Tonnes à La Réunion ? Intérêt financier d'une société à faire fonctionner son propre système d'exploitation, via un pays de la région où les facilités politiques, réglementaires et financières lui seraient acquises ? Quid des impacts de ces carrières à Madagascar, et du respect de l'environnement et des populations locales ? Des questions auxquelles une forme de réponse aurait été récemment donnée par l'État français considérant le projet d'importation comme « budgétivore » et suspendant sa décision d'autorisation à des considérations de contrôle sanitaire à l'arrivée à La réunion.
 (http://www.lexpressmada.com/blog/actualites/exportation-de-granit-suspendue-les-depenses-de-colas-a-rembourser-45913/)
Déjà sollicité pour avis il y a plus d'une année, le Conseil National pour la Protection de la Nature, avait pointé la menace d’introduction d’espèces exotiques envahissantes sur une île déjà largement touchée par ce phénomène (première cause de disparition des espèces endémiques insulaires). Mais dans le domaine des travaux publics, des ingénieurs ingénieux ne manquent pas de solutions ! « On va laver ces roches à l’eau de mer. Elles vont être lavées pour éviter ces risques. Et si c’était encore nécessaire, il y aurait une fumigation pour éliminer tout organisme" (http://www.ipreunion.com/photo-du-jour/reportage/2015/10/15/nouvelle-route-du-littoral-des-roches-de-toute-taille-vont-debarquer-de-madagascar,33900.html ).
C'est oublier que certains organismes, en vie ralentie ou en diapause dans le sol et dans des anfractuosités des roches sont sous une forme résistante à bien des traitements… Importer 220 000 Tonnes de roches, c'est bien autre chose que transporter par avion à La Réunion 1 kilogramme d'orange que la douane assigne de déposer à l'arrivée dans l'aérogare ! 
Et pour satisfaire aux attentes des transporteurs locaux, les roches pourraient être débarquées au port puis transportées par camion sur site (« Les roches transportées par barge devraient être réacheminées du port vers les différents sites du chantier par les transporteurs locaux. Une condition non négociable que posent les syndicats de transport pour accepter cet apport extérieur. » Zinfos 974 samedi 29 aout 2015 ): de quoi amplifier le risque de dissémination d’espèces exotiques et bien entendu de polluer encore plus l'atmosphère en rejets de gaz à effet de serre.
Enfin, parlons du choix technique d'immerger du granite à La Réunion. Totalement absente naturellement des fonds marins littoraux, c'est une roche complètement inappropriée pour la fixation et le développement d'une couverture corallienne. Sous l'action de l'eau de mer et des houles et ressacs, le granite s'altère et s'érode en devenant friable : les colonies coralliennes ne peuvent s'y installer durablement comme en témoigne dans la région les chaos granitiques sous-marins des Seychelles. Où sont-donc les prévisions « compensatoires » de recolonisation du milieu profondément altéré par les travaux de la NRL ? 

Alors, l'exploitation des andains pour la digue de la NRL, une bonne idée ? 

On peut se rendre compte actuellement, en parcourant la route des Tamarins que les andains sont mis largement à contribution afin de pourvoir aux besoins créés par les différents chantiers en mer de la Possession et de la Grande Chaloupe. Si l’on peut considérer qu’une grande partie de cet épierrage sert les intérêts des exploitants agricoles et conjointement ceux des transporteurs locaux, il est essentiel de rappeler que les entassements de blocs basaltiques de différents calibres, s'ils sont correctement disposés en fonction des lignes de niveau, jouent un rôle crucial dans la lutte contre l’érosion des sols. La saison cyclonique approchant, de vastes parcelles en friche vont rester à nu : il est à craindre que la terre entraînée par les pluies ne finisse à la mer contribuant à l’augmentation de la turbidité avec pour conséquences une dégradation accrue des récifs coralliens et une majoration du risque « requins »… L'administration de l'État affirme que ces exploitations sont soumises à autorisation, mais quid d'un contrôle systématique des opérations d'enlèvement ? 
Au final, la digue de la NRL, est-ce vraiment une bonne idée ? 
Et à coup de centaines de millions d'Euros, ne serait-ce pas mieux de nous construire un avenir moins polluant, un habitat moderne et écologique, des transports propres et adaptés au relief de l'île... et de nous engager tous dans un développement solidaire respectueux de l'environnement naturel et de la bonne santé planétaire ?

 Plutôt que multiplier les activités polluantes, les transports au tout pétrole, les aménagements pharaoniques ? 

A moins que, avec ses 38500 acropodes et ses 800 000 tonnes de béton, ne soit érigée en mer, face à la ravine à malheur, la déjà fameuse pyramide de Toutencamion, autre version prophétique de la Pyramide inversée ?

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